Mardi, 25 Août 2009 17:00
VINS BIO
Par Isabelle Forêt, journaliste et écrivain.
Les progrès spectaculaires de la viticulture biologique.
Le « bio » est dans toutes les bouches, on parle de « vins bio » comme d’une évidence mais peu savent en réalité ce qui se cache derrière cette notion pleine de vertu.
Tout d’abord nulle part vous ne verrez la notion « vin biologique » sur une étiquette de vin et pour cause, cela n’existe pas, tout du moins pas officiellement. A la place de cette mention vous lirez « vin issus de raisins de l’agriculture biologique » tout simplement parce qu’il faut bien distinguer la culture du raisin qui bénéficie du cahier des charges bio reconnu par un label strict et officiel et la vinification qui elle, est en attente d’un cahier des charges et d’un label européen prévu pour cette année.
Le bio est aujourd’hui une tendance complexe. Il y a ceux qui prétendent l’être et ne le sont pas, ceux qui le sont sans être labélisés, ce sont le plus souvent les grands crus, puis ceux qui ont obtenu ou vont obtenir la certification (AB pour Agriculture Biologique) et ceux enfin qui ont opté pour la biodynamie. Depuis peu se développe une nouvelle tendance, celle des vins « vivants » également appelés vins « naturels » ou « spirituels » vinifiés en levures indigènes, sans soufre et sans sulfites, le plus souvent le vigneron mentionne sur l’étiquette qu’il est respectueux de l’environnement. Il faut bien admettre que c’est beaucoup trop compliqué à comprendre pour le consommateur.
Le bio c’est évidemment une prise de conscience, c’est produire en respectant le sol, la vigne, la nature et donc...le consommateur.
Le manque de lisibilité démontre bien qu’aujourd’hui le consommateur non initié ne sait plus du tout ce qu’il boit, il ne se doute pas que certains vins issus de la viticulture conventionnelle ont jusqu’à dix pesticides, quantités 5.800 fois supérieures aux concentrations maximales autorisées dans l’eau du robinet, plus une longue liste d’adjuvants chimiques autorisés qui en font un produit « technique » « maquillé » adapté aux goûts des consommateurs qui ne savent pas qu’ils boivent un vin « mort ». Un vigneron en pratique conventionnelle est autorisé à charger ses cuves en E 517 (sulfate d’ammonium employé en fermentation), en E 501 (carbonate de potassium rectifiant l’acidité) et en E 202 (sorbate de potassium employé comme agent conservateur) sans le faire savoir. Une grande partie des fongicides synthétiques appliquée aux raisins présente d'importants risques pour la santé humaine. Par exemple, les dithiocarbamates, une famille de produits chimiques qui représentent 49% des fongicides appliqués sur les raisins, et qui comprennent les pesticides manèbe et mancozèbe qui sont à la fois classés par l'UE comme substances carcinogènes et perturbateurs endocriniens. D'autres fongicides appliqués en plus petites quantités, comme la procymidone, iprodione, le folpet ou iprovalicarbe sont connus pour leurs dangers pour la santé humaine.
L’exclusion de ces molécules phytosanitaires ont été proposés par la Commission européenne et le Parlement européen. Basé sur l’impact de ses substances sur la santé humaine et l’environnement, l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin) s’est penché sur le projet de retrait voire même l’exclusion de 286 molécules phytosanitaires qu’elle a passé au crible, se basant sur une étude britannique réalisée en mai 2008 par le Pesticides Safety Directorate (un organisme gouvernemental britannique), mais en attendant vous les avez dans vos verres.


Je connais des viticulteurs qui aiment leur métier et le défendent avec intelligence, rigueur, grand travail et n'ont de cesse d'améliorer la qualité de leur vignoble.
Aujourd'hui en tant que consommatrice lambda comment puis-je reconnaître qu'un vin est élaboré avec un minimum de pesticides? Par le mal de tête que j'aurai après 1 ou 2 verres?
Merci à Madame Forêt de nous avoir un peu éclairer sur ce problème....
Myriam